À Saïs, Nes Khonsou travaille dans la Maison de Vie. Sa main connaît les formules funéraires, les noms des morts, les Déclarations que chacun doit emporter devant les assesseurs de Maât. Depuis des années, il trace pour les familles ce qui permettra aux défunts de se présenter au jugement du cœur.
Mais une commande prestigieuse vient troubler l’ordre de l’atelier.
Le rouleau de Neferhotep, dignitaire respecté des greniers du Nord, exige le meilleur papyrus, l’encre la plus dense, les formules les plus complètes. Tout devrait être simple. Pourtant, au détour d’un registre ancien, un nom oublié, une contestation rejetée et une mesure douteuse font vaciller la main du scribe.
En parallèle, un homme modeste, Pa Shery en Henen, que tous appellent Kha, approche de la mort sans titre éclatant, sans richesse, presque sans trace. Pour lui aussi, il faudra écrire. Mais que peut recevoir un mort pauvre lorsque son nom vaut plus que tout ce qu’il possède ?
Entre le grand rouleau d’un dignitaire et le petit rouleau d’un artisan, Nes Khonsou devra choisir jusqu’où une main peut aller sans mentir.
« On ne lui avait rien promis. On lui avait seulement montré, une fois, où poser la plume. »
Les Plumes de Maât est un roman historique littéraire, sobre et puissant, inspiré de l’iconographie du Livre des Morts. Un récit sur la justice, la mémoire, la transmission, et cette question fragile : comment un cœur peut il être aussi léger qu’une plume ?
Le Scribe qui doute.
Le doute n’est pas toujours le signe d’une faiblesse. Il peut aussi être le signe d’une conscience qui refuse d’agir mécaniquement.Dans Les Plumes de Maât, Nes-Khonsou est un scribe reconnu. Il maîtrise parfaitement son métier.Pourtant, face à une formule qu’il a écrite des centaines de fois, sa main s’arrête.J’ai voulu explorer cette idée simple :Que […]
Menou, l’apprenti scribe.
Menou porte un nom de la famille de mn, ce qui demeure, ce qui tient en place. Quatorze ans. Le quartier des tisserands derrière lui, une saison chez un marchand de lin brut, puis l’atelier des linges funéraires. À la Maison de Vie, il copie des noms.Menou porte un nom de la famille de mn, […]
Un cœur léger n’était pas un cœur vide.
C’est peut-être la phrase qui résume Les Plumes de Maât. Un cœur juste ne traverse pas la vie sans poids. Il porte ce qu’il a à porter. Mais il ne s’alourdit pas du mensonge. Il ne s’alourdit pas du refus de voir. Maât ne demande pas un cœur vide. Elle demande un cœur juste. Les […]